• Prune la chasseresse, Mona en annexe de la Cour de récré chez Jill

    Prune la chasseresse ne décolérait pas. Une bête gigantesque, poilue, aux dents acérées avait succombé sous son épieu, et elle ramenait assez de viande pour quelques jours à la tribu. Mais voilà, une autre plus petite avait surgi par derrière, alors qu’elle poussait son hurlement de victoire, et déchiré sa tunique de fourrure juste au niveau de la fesse gauche, emportant un peu de sa chair avant de fuir… Pruno était venu l’aider, mais le mal était fait. Un homme devrait la lui recoudre vite car son postérieur rebondi allait attirer la convoitise de tous les jeunes mâles, et non, elle n’était pas d’humeur à leur céder ! Et le vieux chamane allait lui appliquer des plantes brûlantes en la reluquant trop.

    Elle était belle, Prune, trapue, les cheveux relevés et piquées de petits os pour ne pas s’accrocher aux branches, les dents presque intactes, et les yeux enfoncés et vifs sous ses sourcils broussailleux.

    Elle fit signe à la vieille Prunelle de la suivre et elles se dirigèrent vers la cavité peu profonde où le chamane peignait comme d’habitude pendant que tous les autres s’activaient autour du feu, dépeçant les animaux, travaillant le cuir, cuisinant, taillant les os ou la pierre… Le petit Pruni avait fabriqué un instrument et produisait des notes mélodieuses, qui la firent sourire.

    Elle observa les peintures du chamane, et reconnut sans peine son gibier, qui paraissait encore en vie ! Il peignait pour apaiser l’âme de leur future nourriture. Puis elle sursauta. Il n’avait PAS peint la petite bête qui l’avait blessée et humiliée. Tout était de sa faute, donc !

    Elle ramassa un gourdin et lui en asséna un grand coup sur la tête. Il appuya contre la paroi ses mains pleines de peinture avant de s’effondrer.

    • J’y suis allée un peu trop fort, se dit Prune, désolée.

    • Tu peux dire ça, grogna Pruno.

    Il alerta la tribu.

    • On le mange aussi, demanda Prunar.

    • Non, il est trop sec et n’avait pas assez de qualités à nous transmettre. Il servira d’appât dans un piège.

    • En attendant, festoyons !

    Ils se regroupèrent autour du feu. Prune, la fesse endolorie, resta debout mais reçut le meilleur morceau de viande car elle avait bien chassé.



    Cette histoire se passait à Lascaux, il y a 17000 ans environ…

     

     

    Mona

     

    Illustrations : à part la représentation d'une néandertalienne cueillie sur le net, les photos sont de Mona, souvenirs d'une expo consacrée à l'Homme de Néandertal, au port de commerce sous chapiteau à Brest en 2006.

    Note de Lenaïg

    Prune la chasseresse, Mona en annexe de la Cour de récré chez Jill

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  • Dans son presbytère des Deux Verges, charmant village du Cantal, (1) Hilarion se morfondait, et fondait, fondait. Il n’était plus qu’un squelette ambulant au regard de braise qui faisait fuir même le pitbull des jumeaux hargneux du père Antoine. Il était pourtant arrivé plein de fougue, jeune beau ténébreux prêchant avec passion l’austérité, la souffrance rédemptrice, et avait vu avec surprise déserter sa petite église.

    La joviale et rubiconde Artémise Jouffleuri avait cessé de lui apporter ses repas cuisinés avec amour le jour où, pour la dixième fois, il s’était plaint qu’elle salait et sucrait trop ses plats, et lui avait conseillé, la toisant avec sévérité, de faire pénitence pour ses péchés récurrents de gourmandise. D’ailleurs son tour de taille s’épaississait à vue d’œil !

    Elle avait alors jeté sa cocotte fumante par terre en criant :

    • Va te faire voir chez les Grecs ! (2) Je préférais notre Arthur Linotte de beaucoup ! Il disait, LUI, que « Ce n’est pas ce qui entre dans le corps qui le souille, mais ce qui en sort » Tiré de St Matthieu, sale connard de mes f…



    • Vade retro, pécheresse, avait-t ’-il tonné. Tu empestes !



    Artémise n’avait plus jamais adressé la parole à Hilarion après cette scène. Elle avait récupéré sa cocotte et fui Elle qui était d’humeur si égale d’habitude !

    Il ouvrait des conserves et mangeait froid, ayant la flemme de cuisiner lui-même.

    Et que dire de ses voisins innommables, les Boudin ! Onésime, amoureux de sa vache rousse, la Brava, et elle, Gertrude, outrageusement maquillée, le rimmel dégoulinant et les lèvres comme des limaces violettes, qui avait érigé un autel chez elle en hommage à une certaine Germaine Poirot, animatrice dévergondée d’une radio potins, rien que ça ! Soit disant, Germaine avait exaucé tous ses vœux alors que ce bon à rien de St Rémy ne l’écoutait jamais, sûrement parce qu’on l’avait délocalisé et il n’aimait pas le village ! Comme un certain curé qu’elle ne nommerait pas, avait-elle ajouté en le foudroyant, enfin en essayant de le foudroyer de son regard de chien battu larmoyant.



    Mais une lueur d’espoir se présentait à ce sombre prêcheur mal aimé. L’évêque lui proposait

    d’accueillir chez lui en convalescence cet Arthur Linotte justement, son prédécesseur qui remplissait l’église et faisait l’unanimité. Il va m’apprendre à devenir populaire, soupira t’il.

    Il mit une affiche. « Arthur Linotte revient samedi à 11 h. venez nombreux l’accueillir ! »

    Nombreux, nombreux, on n’est que 56 ici grommela Artémise , ravie néanmoins. On fera du bruit pour compenser !

    Et le village fit fête à un Arthur amaigri mais souriant. Tous se succédèrent au presbytère pour le remettre sur pied et lui raconter ce qui s’était passé depuis son départ pour Calcutta.

    Arthur rosissait d’aise, et dégustait avec délice les friandises et petits plats préparés par ses ouailles ;

    D’abord Hilarion était outré.

    • Hilarion, Jésus aimait manger et boire, non ?



    • Pas se goinfrer !





    Mais peu à peu il se laissa convaincre. Il prit une part de gâteau au chocolat et fut surpris de le trouver délicieux.

    Un invité breton d’Onésime avait apporté de la crème caramel au beurre salé » et du pâté Hénaff.

    Il aima aussi. Il se surprit à sourire à pleine dents pour la première fois de sa vie austère. Son sourire un peu carnassier fit frémir Onésime qui se dit que sa Brava avait l’air plus humaine, et qui couvait des yeux sa Gertrude, si extra à ses yeux, vêtue d’une robe, non, d’un drap informe de cuir, et qui tanguait, un peu ivre. Mais il préférait tout de même sa vache qui n’exigeait rien de lui, sinon un peu de soins. La traire de ses mains lui procurait un plaisir sensuel. Un matin, mal réveillé, il avait par étourderie tenté de traire Gertrude, mais cette dernière avait hurlé avant de le propulser brutalement hors du lit conjugal. Il se rembrunit à ce souvenir amer. Impossible de le confier à cet… Hilarion ! Là il se renfrogna carrément.

    Mais bon, si ses joues creuses se remplissaient un peu, peut-être aurait-il l’air sympa enfin !

    L’espoir fait vivre, non ?

    Pendant ce temps le rire joyeux d’Arthur retentissait jusqu’à l’étable, et la Brava poussa un puissant MEUEUEUH de sympathie. Le premier rire d’Hilarion ressemblait plus à un croassement étranglé, mais les corbeaux apprécièrent et l’accompagnèrent.





    1. Les Deux verges est le nom d’un vrai village de 56 habitants. Mais il ne ressemble pas à ce que j’ai décrit ici

    2. Pauvres Grecs !

     

     

    Mona


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  • Vulfran - Mona, en annexe de la Cour de récré chez Jill

    Gaël, Yaël, Maël sautent et courent en riant dans la cour de récré.

     

    Pas Vulfran.

     

    Eric, Frédérique, Patrick se bousculent un peu, pour s’amuser.

     

    Pas Vulfran.

     

    Timéo, Malo, Théo, Hugo redécouvrent les billes et ont créé un grand circuit dans le sable.

     

    Vulfran ricane.

     

    Léa, Lydia, Liya, Eva jouent à la dinette.

     

    Vulfran leur jette un regard de mépris.

     

    Il s’ennuie, loin de Paris. Il cogne Gaël qui l’a heurté sans le faire exprès, pousse Timéo, un bronzé comme lui mais gentil et au sourire moqueur. Il vient de repérer la rousse Philomène qui ne sait pas encore lire malgré ses efforts et ne connaît pas sa poésie. Elle pleurniche car elle ne saura pas la réciter devant la classe tout à l’heure.

     

    Vulfran se dirige vers elle et lui donne un violent coup de pied dans le mollet. Elle hurle.

     

    - T’est une crétine.Maintenant t’as une raison valab’ de pleurer. Moi je veux pas apprendre à lire, c’est trop chiant. Je ne veux pas travailler, ni jouer, c’est chiant aussi.je suis trop grand ! »

     

    Il voit le maître s’approcher, les sourcils froncés.

     

    Le maître l‘a puni. Il devra réfléchir et parler devant tous de respect.

     

    • Pauvre con ! Si tu crois me faire peur ! Mes frères viendront te…

     

    Il se tait soudain, parce que justement ils sont en prison et c’est pourquoi il se trouve ici, à la campagne, en famille d’accueil. Ils dealaient dans la cité et il faisait le guetteur.

     

    Le maître soupire. Il pense qu’heureusement il n’en a qu’un comme ça, et il le fatigue plus que tous les autres réunis. Il aurait démissionné sinon. Vulfran n’a que sept ans pourtant.

     

    C’est la sortie. Les enfants rentrent en voiture, à pied chez eux ou prennent le bus.

     

    Malo, plus fort que les autres, soulève Vulfran et le dépose dans le bac à ordure puant. Il crie, tempête et n’arrive pas à sortir.

     

    Léa s’avance et dit gentiment à son ami Malo.

     

    • C’est pas bien de faire ça, Malo ! Tu sais, on a parlé de respect aujourd’hui. C’est plus fort que la violence, a dit le maître, et c’est vrai !

     



    Malo a un faible pour la jolie Léa et par amour pour elle, reprend Vulfran par les épaules et le remet sur le trottoir.

     

     

    Il empeste et dégouline de saletés gluantes. Tous s’éloignent.

     



     Vulfran a honte et se dirige vers la rivière où il se plonge pour se nettoyer un peu avant de regagner la maison accueillante de ses nouveaux parents où un délicieux goûter l’attend. Il grelotte et réfléchit, encore et encore. Pour la première fois il se sent heureux de rentrer

     

     

    • Vulfran ! que t’est-il donc arrivé mon pauvre enfant. Je vais te faire couler un bain et tu vas te changer. Je t’ai acheté ton dessert préféré pour ce soir !

     

    • Comment font-ils pour me supporter, se dit-il. Je vais faire un effort pour eux.

     

    Mona


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    Océan en furie - Mona - Haïkus pour Neige et tempête

    Et le fou s' avance
    inconscient, ravi
    Les rochers vibrent
    ***

    Ivre de vie
    Il va la perdre.
    ***

    Pauvre corps fracassé,
    entraîné, englouti
    Anaon à jamais ...
    ***

    Mona

    (la photo vient d'une vidéo de la presqu'île de Quiberon pour alerter les imprudents. )


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    Dans un cadre marin, c'est certain ! Photo de Mona

    La Symphorose de Mona, en annexe à la Cour de récré chez Jill !


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