• TEST D'EMBAUCHE - 1/2 - Rahar, nouvelle fraîche : polar noir !

     

    Note de Lenaïg : avertissement, ceci n'est pas à l'eau de rose. Mais on reste dans la pure fiction.

    ***

     

     

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    TEST D'EMBAUCHE

     

     

    Lindsey Lowan était amère. Renvoyée injustement sans aucune indemnité, son cœur était rempli de cendres. Elle s’était réfugiée auprès de son père, un vétéran invalide. Ses frères déjà mariés s’étaient dispersés et envoyaient un peu d’aide à leur père, de temps en temps, compte tenu de la période de récession que traversait le pays. Malgré son diplôme d’ingénieur, la jeune fille n’avait pu dégoter de boulot décent, son infamie la suivait partout. Seul un fast-food ambitieux lui avait accordé une place de serveuse. Son maigre salaire et la pension dérisoire de son père suffisaient juste à les faire vivre.

    Lindsey s’était engagée dans l’armée. Un peu garçon manqué, il ne lui avait pas été difficile d’entrer dans la prestigieuse école de commandos. Malgré sa taille moyenne, elle avait réussi toutes les épreuves dans une très bonne moyenne, grâce à sa ténacité et une forme parfaite. Elle avait acquis la sympathie de ses camarades par son esprit d’équipe, son dévouement et sa jovialité. L’entraînement au tir de précision lui ont valu le respect : elle figurait parmi les meilleurs tireurs d’élite. Ensuite, elle devint experte en explosifs. Elle sortit de l’école avec le grade de lieutenant.


    Le succès ne lui était pas monté à la tête, elle restait simple et accessible et tous ses camarades, fille ou garçon, l’estimaient beaucoup. Elle s’était laissée courtiser par un capitaine issu d’une précédente promotion et la vie semblait lui sourire. Toutefois, un cochon libidineux de colonel avait tenté d’abuser d’elle et Lindsey n’avait pu se retenir. Une prise de close-combat suivie d’une gifle retentissante, avait scellé son destin. C’était sa parole contre celle du colonel. L’esprit de clan des officiers supérieurs ayant joué, la jeune fille avait été ignominieusement radiée. Ses camarades auraient bien voulu l’aider, mais ils n’avaient pu rien faire.


    Lindsay revenait fourbue de son travail. Elle remarqua une petite enveloppe blanche dans la boîte aux lettres. Elle n’était pas affranchie, elle portait son nom. La jeune fille pensa immédiatement à un corbeau malveillant. Son déshonneur avait fait le tour du quartier et les gens la dévisageaient avec une certaine désapprobation, parfois avec un mépris non dissimulé.

    Elle allait jeter l’enveloppe sans l’ouvrir, mais se reprit. Elle l’ouvrit par curiosité. Elle contenait un petit bristol. Un nom : Hubert Bauniceur. Un court texte dessous : « À la mort de cet homme, vous recevrez cent euros ». À la place de la signature, un seul mot : « Merci ». Mais merci pour quoi ?

    Abasourdie, elle relut le carton. C’était sûrement un canular d’un mauvais plaisantin. Elle haussa les épaules, ramassa le reste du courrier, principalement des factures et des prospectus, et rentra. Elle alla embrasser son père avachi dans son fauteuil roulant devant la télé, puis monta se doucher et se changer. Elle était trop moulue pour que l’idée de sortir lui effleurât l’esprit, elle n’aspirait qu’à un bon lit après avoir préparé le dîner.

    Le surlendemain, elle ramassait le journal laissé par un client, quand son regard tomba sur la page nécrologique. Quelle ne fut sa stupeur en voyant un encadré où elle put lire le nom d’Hubert Bauniceur ; il était décédé la veille. Il n’y avait évidemment pas de détail, mais Lindsey put calculer son âge : soixante ans. Elle était intelligente, mais elle ne pouvait expliquer la coïncidence. Était-ce de la synchronicité ? Elle balaya la pensée et se remit au travail. Le soir, elle remarqua l’enveloppe blanche à son nom. Elle trouva dedans un billet de cent euros.


    Elle fut paralysée un bon moment. Qu’était ce plaisanterie. Mais en était-ce bien une ? Le billet n’était apparemment pas faux. En tremblant légèrement, elle rentra, cachant son trouble par un empressement enjoué. Elle eut du mal à s’endormir.


    Lindsey n’avait pas volé ces cent euros, et on n’exigeait aucune contrepartie. Elle décida de les dépenser, il y aura au moins quelques factures de réglées. C’était avec un cœur plus léger qu’elle rejoignit son travail de serveuse.

    Trois jours après, elle trouva une autre enveloppe en rentrant. C’était le même topo. Nom : Jesse Clamsey ; le texte : « À la mort de cet homme, vous recevrez deux cents euros » ; la fin : « Merci ». Un éclair de panique la saisit. Serait-ce une machination pour lui mettre sur le dos quelque combinaison tordue ? Elle s’affola, s’empressa de brûler toutes les enveloppes qu’elle avait eu l’idée saugrenue de garder sur sa table de chevet. Puis en cherchant difficilement le sommeil, sa lucidité revint. Elle n’avait rien à craindre. Qu’y pouvait-elle si un doux dingue peut-être médium la gratifiait d’un don anonyme ; il voulait peut-être se racheter en partageant des honoraires scandaleux. Mais qui pourrait la connaître, alors qu’elle n’était pas dans l’annuaire ?

     

    A suivre

     

    RAHAR

     

     

     

     

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     Illustrations : photos du net.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 19 Mars 2012 à 16:11
    jill-bill.over-blog.

    Bonjour Rahar roi du polar... Etrange étrange en effet... Affaire à suivre donc !  Belle fin de journée à vous deux, bises de jill

    2
    Lundi 19 Mars 2012 à 18:58
    enriqueta

    Un début très intrigant, j'attends la suite!

    3
    Lundi 19 Mars 2012 à 21:57
    Lenaïg Boudig

    Bonsoir Rahar. Machiavélique piège tendu à cette jeune femme, car au départ on ne voit pas en quoi il peut consister ... En effet, elle est sûre d'une chose, c'est qu'elle n'a pas tué cet Hubert Boniceur. Et ce titre, qui annonce un entretien d'embauche, reste mystérieux !

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    4
    Mardi 20 Mars 2012 à 00:43
    Marie-Louve

    Lindsey n'a vraiment pas de chance. Étrange. ??? Double personnalité ? Ou qui veut la manipuler ? Un coeur en cendres peut'il renaître sphinx ? Je pose mon silencieux sur le bout de mon clavier et j'attends avec impatience la suite. :-) Bises.

    5
    Mona l
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 08:35
    Mona															l

    Il meurt tout seul et elle touche 100 euros? Pour un cadeau cela en est un car elle n'a tué personne!

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