• LE VISAGE À LA FENÊTRE - Chapitre 4 et fin - RAHAR

    LE VISAGE À LA FENÊTRE - Chapitre 4 et fin - RAHAR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Une des photos est légèrement floue. Ah oui, c’est celle que j’ai prise à notre arrivée, quand Estelle m’a fait sursauter. J’allai l’effacer, quand je remarque quelque chose à la fenêtre. J’agrandis la portion. C’est assez flou, mais je constate que la petite n’a pas menti : elle a bien vu quelque chose. J’ai pris la photo en cadrant toute la maison, et la forme est assez petite. Avec un peu de bonne volonté, on peut deviner un visage. Le visage d’un enfant, apparemment. Mes cheveux se hérissent légèrement. Alors, c’est l’esprit d’un gamin qui nous hante. Encore heureux qu’il ne s’en prenne pas physiquement à nos personnes. Mais qui sait s’il n’y aura pas une escalade.

    Si je me fie aux dires d’Estelle, l’esprit aime se réfugier sous les combles. Mais il n’y a pas eu de mort dans cette maison ; internet peut mentir, mais je crois que l’ancien propriétaire est sincère. Alors, d’où vient cet esprit ? Il y a peut-être un objet oublié dans les combles qui attire l’esprit d’un garçon prématurément décédé. Je prends mon courage à deux mains et annonce à Ella que je vais voir ce qu’il y a sous les combles. Estelle se met immédiatement à piailler, que je vais dans la gueule du loup et que l’esprit va nous punir pour l’avoir défié. James lui, est enthousiaste. Contrairement à sa sœur, il a un sommeil de plomb, et à son âge, il n’a pas encore connaissance des histoires de hantise et de poltergeist terrifiantes. Le beau visage d’Ella présente un mélange d’admiration et d’appréhension.

    Je sors du débarras la tablette à roulettes qui avait dû servir au service stylé du temps de la Belle Époque, et m’en sers pour accéder à la trappe menant aux combles.

    « Dis p’pa, ce ne serait pas plutôt à moi d’y aller ? C’est bas, là-dedans, je serais plus à l’aise que toi.

    — Tu as peut-être raison, fiston. Allez, grimpe. Estelle, passe-moi la lampe torche… Tiens mon gars, et sois prudent… Bon, qu’est-ce que tu vois ?

    — Beuh, pas grand-chose. Quelques toiles d’araignée… Oh dis donc, c’est plutôt propret, par ici… Ben, y a quelques cartons… des sachets vides de chips, wow, et bien rangés !… des papiers de bonbon dépliés et lissés…

    — Tu ne vois rien d’autre ? Alors redescend.

    — Non, attend p’pa… Y a comme une tenture… C’est la serviette de bain rouge, m’man…

    — Quoi ? Je me disais aussi où j’ai bien pu l’avoir rangé.

    — Eh p’pa…

    — Qu’y a-t-il petit ?... Mais répond, bon sang !

    — Mon enfant ! Il est arrivé quelque chose à mon enfant ! Roger, va le récupérer !

    — Du calme m’man, j’ai rien… Y a une petite fille… N’aie pas peur, j’te ferai rien.

    — Quoi, une fille ???... T’es sérieux, James ?... Fais-la descendre.

    — Ça va, p’pa… Vous n’allez pas la gronder, hein ?... Je crois qu’elle volait pour manger.

    — Personne ne va la gronder, alors descendez. »

     

    Il y a bien eu une histoire. Les premiers locataires étaient une famille de six personnes. Le père était alcoolique et violent, il battait autant sa femme que ses enfants. La fille cadette plus malingre, souffrait le plus. L’homme avait fini par être renvoyé. Sa femme s’était mise à faire des ménages et les enfants avaient cessé leurs études. Comme l’homme avait exigé son alcool quotidien, la famille avait peu à peu dépéri et avait dû quitter la maison pour aller Dieu sait où. Toutefois, un peu avant, la cadette avait disparu. On avait supposé qu’elle avait fugué.

    En réalité, la petite fille avait trouvé une cachette. Il y avait des crampons dans la grande cheminée, plus décorative que fonctionnelle. Au niveau des combles, des briques étaient descellées. La petite y avait grimpé, déblayé ces briques et avait caché l’ouverture avec une plaque de contreplaqué. Elle ne descendait que pour chiper un peu de nourriture, quand tout le monde dormait.

    La petite fille a été remise à la municipalité qui allait s’en occuper. Aux dernières nouvelles, elle a été recueillie par une excellente famille sans enfant. Nous avons pu récupérer tous les objets qui avaient disparu et nous avons fini par rire de l’aventure.

     

    Fin

    RAHAЯ


  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Septembre 2014 à 19:07

    Ah bon... une gamine qui bien malheureuse a trouvé cette échapatoire, qui n'aurait pu durer indéfiniment d'ailleurs, pas de fantôme, tant pis.... wink2 Merci, JB

    2
    Victoria
    Mardi 9 Septembre 2014 à 19:36

    Je savais bien que ce n'était pas un fantôme mais je ne m'attendait pas à un enfant. Elle est toute douce cette histoire Rahounet sans meurtre, sans zombie, sans phénomène paranormal mais bien agréable à lire.

    3
    Rahar
    Mardi 9 Septembre 2014 à 21:50

    Ben quoi ma petite fleur, tu préfèrerais du gore ? Mais penses aux autres lecteurs, il y a peut-être des cardiaques, j'veux pas de mort sur la conscience !

    4
    Marie Louve
    Mardi 9 Septembre 2014 à 23:24

    Je l,avais bien dit: Cette famille ne vivait pas seule. Un fantôme ne mange pas. Enfin, ceux que je fréquente :)

     

    5
    Mercredi 10 Septembre 2014 à 06:04
    Martine.

    Je suis heureuse de cette fin pour la petite fille mais aussi parce que je n'ai jamais cru aux fantômes et cela me conforte dans ma non croyance. Belle journée

    6
    Mercredi 10 Septembre 2014 à 10:19

    Enchantée, moi aussi, par ton histoire pour petits et grands, maître Rahar ! Et je repense à ma nouvelle à moi, La malédiction du double six, où j'avais vraiment mis un fantôme dans la maison ... Merci beaucoup, bizzz, à toi et à toutes et tous.

    7
    Victoria
    Mercredi 10 Septembre 2014 à 10:22

    Mais tu ne penses même pas à moi, ingrat ! Qui te dit que je ne peux pas être moi aussi victime d'un infarctus !cry

    8
    Jeudi 11 Septembre 2014 à 19:04

    et bien une petite fille bien courageuse

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