• LE SIGNE - 1/2 - RAHAR, aux portes du bizarre

    Comme annoncé sur Overblog, maître Rahar nous fait nous envoler vers une nouvelle destination nous conduisant aux portes du bizarre et du fantastique. Revoici donc en illustrations : l'avion de Laszlo Carreidas de Vol 714 pour Sydney dans Tintin et Milou puis des photos prises de mon mieux dans l'album sus-mentionné parce que j'y ai pensé en lisant l'histoire : cette mystérieuse statue, dans Tintin et Milou, cache un passage dont il faut déceler le mécanisme d'ouverture. Ici aussi il y aura un franchissement d'ouverture grâce à un "sésame" mystérieux ...
    Note de Lenaïg

     

    LE SIGNE - RAHAR, aux portes du bizarre« Robert attend, aide-moi. Ce sac a un sacré poids.

    — Voyons ma chérie, ce n’est pas toi qui as dit que le dernier arrivé aura un gage ?

    — Petit couillon, je plaisantais, bien sûr. Je ne me doutais pas que la pente serait aussi raide.

    — Je t’avais dit que tu avais pris quelques kilos en trop depuis notre dernière expédition.

    — Mufle ! C’est même pas vrai, je me suis bien préparée pour celle-ci.

    — Allez mon cœur, donne-moi la main… Ouf !

    — Robert ! Tu es un tricheur. Tu as pris du cola, je le sens à ton haleine.

    — Voyons Cécile, tu es une mauvaise perdante. D’ailleurs on arrive. »

    Devant nous, à une trentaine de mètres sur le plateau, se dressait le fameux temple bernik. Ce n’était pas une légende, la forme générale correspondait au style de cette civilisation mystérieuse. Un profane n’aurait rien décelé : l’érosion et la végétation tropicale exubérante avaient cassé les formes et à première vue, on ne voyait qu’une butte vaguement pyramidale et irrégulière.

     

    LE SIGNE - RAHAR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mon mari et moi sommes tous deux archéologues ; nous nous sommes toujours arrangés pour partir ensemble à chaque expédition. Nous avions trouvé des indices sur l’existence de ce temple, au cours de notre dernière expédition, et nous avions laissé à d’autres le soin d’exploiter le site… avec les honneurs y afférant. Les inscriptions que nous avions décryptées suggéraient que le présent temple jouait un important rôle ésotérique pour les prêtres berniks.

    La végétation cachait partiellement l’entrée de pierre dont les chambranles étaient couverts d’inscriptions hiéroglyphiques. La grande salle était à peine éclairée par une ouverture au sommet de la construction pyramidale. Des colonnes de pierre soutenaient des dalles titanesques, mais quelque séisme avait provoqué des éboulements, et des blocs de pierre avaient fait des tas de-ci de-là. Nous allumâmes nos lampes frontales et longeâmes les murs recouverts d’hiéroglyphes. Au fond, nous trouvâmes des poteries dont la plupart contenaient des fragments d’une substance grisâtre agréablement odorante, à consistance de liège.

    Robert et moi nous sommes convenus d’exploiter chacun un côté de la salle. Pendant plusieurs minutes, le flash de nos appareils avait crépité, archivant l’intégralité des hiéroglyphes. J’avais ensuite sorti mon cahier et avait commencé à déchiffrer les inscriptions. J’avais raison, les prêtres berniks étaient d’excellents astronomes, et leur cosmogonie était savamment élaborée. Quelques signes m’avaient dérouté, ça parlait de la maîtrise du temps et de sa versatilité.

    — Robert, viens voir ce passage étrange, je ne suis pas sûre de sa traduction… Robert ?

    J’avais entendu une sorte de raclement, mais n’y avais pas fait attention. Malgré mes appels, Robert n’avait pas daigné répondre. Je savais que quand il était absorbé, il entendait à peine. J’étais bloquée dans ma traduction, je résolus donc de voir ce qui fascinait mon chéri, derrière son tas d’éboulement. Surprise ! Il n’y était pas. Hébétée, je regardai par terre : un arc de cercle dans la poussière, près du mur, indiquait qu’une porte s’était ouverte et refermée. Pourtant, en passant la main sur le mur, je n’avais trouvé aucune solution de continuité. Mais où Robert avait-il pu passer ? Je déchiffrai les inscriptions en face de moi. Elles parlaient d’un accès aux portes de la mort, elles avertissaient que sans la protection de l'égrégore des prêtres, il n'y avait pas de retour possible. On devait actionner une manette de pierre, derrière l’autel. C’était ce qu’avait dû faire Robert, ce téméraire inconscient ; il ne restait que ses traces de pas, menant vers le mur hermétique.

     

    LE SIGNE - RAHAR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nous avions apporté un détecteur électronique d’irrégularité. Mais malgré tous mes efforts, l’appareil n’avait indiqué aucune cavité ; j’étais troublée, comment Robert avait-il vraiment disparu ?

    Horrifiée, je fis le tour de l’édifice avec l’appareil. Mais je n’ai constaté aucune cavité ni d’autres salles secrètes. Pour en avoir le cœur vraiment net, j’ai appelé les aides et les porteurs à la rescousse, mais personne n’avait vu Robert en dépit de toutes les recherches. J’eus des démêlés avec la police. Elle avait du mal à croire mon histoire et m’avait accusée d’avoir assassiné mon mari, malgré le témoignage des aides qui n’avaient pas vu redescendre Robert. Personne n’avait vu de manette de pierre derrière l’autel massif, et pourtant j’étais sûre de ma traduction. J’étais abattue, j’avais dû rester dans le poste jusqu’à la fin de l’enquête.

    Je me suis repliée sur moi-même, pendant de longs mois. C’était comme si l’on avait arraché une partie de moi-même, Robert était toute ma vie, avec l’archéologie. Il avait fallu du temps avant que ma passion, et surtout mes chers collègues, parvinssent à m’arracher de ma solitude morbide. Je n’avais pas voulu revoir les documents que nous avions élaborés, la seule vue d’un hiéroglyphe bernik me rappelait douloureusement la disparition de Robert, et je ne le supportais pas. Je m’étais lancée à corps perdu dans mon travail. Je cherchais une occupation assez abrutissante pour me faire oublier ma douleur ; j’accompagnais de jeunes archéologues sur le terrain, leur dispensant des bribes de mon expérience. C’était évidemment une tâche ingrate que la profondeur de leur reconnaissance ne pouvait nullement compenser. J’étais peut-être injuste, mais je n’avais plus le feu sacré, j’expédiais tout comme un pensum.

     

    LE SIGNE - RAHAR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A suivre !

     

    RAHAЯ


  • Commentaires

    1
    Samedi 12 Mars 2016 à 08:41

    Bonjour Rahar, et oui pauvre Robert qui laisse son épouse anéantie, mais quelque chose me dit que nous le... reverrons !!

    2
    Samedi 12 Mars 2016 à 09:16

    Bonjour Jill, et Rahar. Soigne bien ta grippe, Rahar Christian   ! Un grand merci pour le cadeau de cette nouvelle qui remonte à l'épique temps de LGDM. Je crois que c'est à la fin que je me suis souvenue de l'avoir déjà lue mais je n'en dis pas plus. Grand suspense mais pas de monstre inquiétant en liberté à la fin, pas de fin qui n'en est pas donc, l'impression d'ensemble est tout à fait réjouissante, de quoi être de bien bonne humeur quand on a terminé la lecture. Bizzz à vous deux.

    smile

      • eliane
        Samedi 12 Mars 2016 à 23:43

        tu m'as perdu MON Robert !! sniffff !

    3
    Victoria
    Samedi 12 Mars 2016 à 14:47

    Il a la grippe, mon Rahounet. Si j'osais, je te dirai comment on la soigne chez les chats happy happyhappy.

    Bon, ce Robert aux portes de la mort, reviendra-t-il sous forme de fantôme ou de Diable ?

    Mais peut-être pour une raison inconnue, il a choisi de disparaître un temps.

     

      • Rahar
        Samedi 12 Mars 2016 à 15:29

        Il me faudrait bien la douce main fraîche de la maîtresse pour me caresser... le front au moins (je ne suis pas exigeant), même si elle me met de la craie partout. Et je crois bien que si elle me baisait... le front bien sûr, ça me soulagerait encore plus.

    4
    Samedi 12 Mars 2016 à 16:13

    Mais qu'est devenu Robert ????? C'est une histoire de dingue...! Palpitant et déjà à me creuser le ciboulot pour échafauder une suite expliquant sa disparition et son possible retour. Il faut toujours se méfier des "BERNIK" surtout s'il ne sont pas bretons ! Vite, vite la suite, et meilleure santé à l'auteur !

    Bises et bon après-midi

    5
    Samedi 12 Mars 2016 à 22:13
    colettedc

    Oh ! Va-t-on pourvoir le sortir de là, s'il y est, et comment !!! ...

    6
    Dimanche 13 Mars 2016 à 19:49

    Ce celui-là aurait-il filé à l'anglaise dans un temple bernik pour mesurer la profondeur des sentiments de sa douce moitié ? sarcastic

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