• La tyrannie de l'opinion - Réflexions avant le Café philo de vendredi

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    Définitions dans le dictionnaire linternaute :

     

    tyrannie, nom féminin
     
    Sens 1 Autorité oppressive [Littéraire].
    Sens 2 Gouvernement autoritaire qui ne se soucie pas des libertés individuelles

    tyrannie : 7 synonymes. Synonymes absolutisme, arbitraire, autocratie, autoritarisme, despotisme, stalinisme, totalitarisme.

     

     

    opinion , nom féminin
     
    Sens  Jugement, avis personnel, manière de penser.

    opinion : 15 synonymes. Synonymes avis, conjecture, conviction, doctrine, jugement, manière, pensée, point, point de vue, préjugé, qu'en-dira-t-on, sentiment, thèse, voix, vue

     

     

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    Qui voudra réfléchir avec moi, ou m'aider à réfléchir sur la question qui ouvrira le débat lors du Café philo de vendredi prochain, au restaurant Le Picardie à Ivry ?

     

    La voici : la pire des tyrannies n'est-elle pas celle de l'opinion ?

     

    Comme je ne suis pas en ce moment dans une faste période de réflexion philosophique et que j'ai plutôt tendance à vouloir faire le vide dans mon esprit lorsque je n'ai pas besoin de m'agiter, de mon côté ma cogitation devrait être brève.

     

    Juste aurai-je envie de répondre d'abord à la question par : non ! Notre hymne national La Marseillaise désigne bien la tyrannie comme l'ennemi guerrier. Ses paroles datent, chez nous, mais personne n'a jusqu'à présent réussi à les changer, officiellement du moins. La tyrannie, c'était bien contre quoi se sont rebellés les acteurs des révolutions arabes. Donc, je commence par ceci : la pire des tyrannies est celle qui torture et qui tue ! Et cela semble encore un mode répandu de gouverner dans le monde. Ecraser les peuples, les tenir par la terreur. Et il n'est même pas question d'opinion sous ces régimes, mais de lavage de cerveaux.

     

    On peut évoquer le livre "L'élimination" et le reportage "Dutch, le maître des forges", du cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh, pour faire voir que la pire des tyrannies, ce fut celle du rouleau compresseur des khmers rouges, comme auparavant celle de Staline qui tenait à ce qu'on l'appelle le p'tit père des peuples, ou celle de l'Allemagne nazie.

    Et que fait le président syrien Bachar El Assad en ce moment pour se cramponner au pouvoir ? Il fait tirer sur la foule, sur les hommes, les femmes et les enfants, sans que la communauté internationale puisse faire grand chose, le droit d'ingérence n'étant pas ... évident.

     

    Mais là où la tyrannie et l'opinion se rejoignent et sont complices, c'est peut-être quand on s'interroge sur les origines de la venue au pouvoir des tyrans. Hitler n'est pas venu au pouvoir par la force, lui ; c'est par la manipulation des esprits, la fabrication d'une pensée commune qu'il a réussi à faire converger les choix sur sa personne en tant que candidat aux fonctions suprêmes. La manipulation de l'opinion peut préparer le terrain de la tyrannie opérationnelle, qui torture et qui tue.

     

    L'opinion, mal définie, le "on", le qu'en-dira-t-on, dans mon raisonnement, n'est pas la pire des tyrannies, mais ... la plus insidieuse, la plus sournoise, celle qui chemine, clandestinement ou pas, jusqu'à imposer à des tas de gens des diktats, ne serait-ce que ceux de la mode et des marques chez les ados, celle qui se cache derrière les sondages ou les statistiques selon comment on les utilise ou les manipule, derrière les A ou B des agences de notation qui maintenant classent ou déclassent les états en fonction de critères purement financiers, ce dont monsieur tout-le-monde qui vient de se faire licencier n'a strictement rien à ficher et il a bien raison : lui il sait qu'il a beaucoup donné, le travail qu'il a accompli et les cotisations qu'il a fournies à

    l'Etat !

     

    Au fond on a toujours dit que les mots peuvent tuer aussi et ce n'est pas à négliger : une jeune collégienne s'est suicidée récemment parce qu'elle subissait les moqueries et le harcèlement permanent de ses camarades de classe qui la jugeaient trop masculine et trop grosse. Si le phénomène reste limité, heureusement, la foule, ou les groupes imbéciles forment bien une tyrannie, pas contre un peuple mais contre un individu, une catégorie d'individus (on sait lesquelles, je n'épilogue pas). Mais il s'agit avant tout de simple bêtise et de méchanceté gratuite, l'encouragement mutuel des bas instincts (comme dans les bizutages les plus "hard", qui, paraît-il, ont encore lieu et sont même défendus par certains, qui les ont subis et les reproduisent, même en pire).

     

    Derrière l'idée de tyrannie se trouve au contraire du réfléchi, une volonté qui sait ce qu'elle fait et où elle veut en venir, au détriment du plus grand nombre. En résumé, pour mon petit exposé, je place l'opinion en amont, dans le fait que les manipulateurs de l'opinion peuvent avoir la tyrannie comme but inavoué, afin de pouvoir ensuite gouverner, imposer leurs doctrines ou leurs volontés. La question posée m'apparaît comme une alerte sur ce danger.

     

    Lenaïg

     

     

    ***

    A propos des fameuses agences de notation, j'ai voulu en savoir plus et j'ai retenu ceci en consultant le net.

     

     

    Standard & Poor's (S&P) est une filiale de McGraw-Hill qui publie des analyses financières sur des actions et des obligations. C'est une des trois principales sociétés de notation financière, avec des concurrents comme Moody's, Fitch Ratings et Dagong.

    Ses origines remontent aux activités de son fondateur Henry Poor en 1860.

    Elle est connue sur le marché américain pour son indice boursier S&P 500, pour son pendant australien, le S&P 200, ainsi que pour l'équivalent canadien, le S&P TSX.

    McGraw-Hill est une entreprise américaine basée à New York1.

    McGraw-Hill produit trois services soit, en matière d'éducation (une maison d'édition d'ouvrages scientifiques), d'affaire et de finances tel que l'indice financier Standard & Poor's ou S&P. Ses principaux concurrents sont Moody's et Fitch Ratings.

    Création : 1917 (tiens, tiens ... plus récente que S&P, qui en est pourtant une filiale).

     

    Officiellement Moody's Corporation, est le holding de Moody's Analytics, un fournisseur de solutions de gestion des risques, et Moody's Investors Service, société active dans l'analyse financière d'entreprises commerciales ou d'organes gouvernementaux. Moody's est également connue pour ses notations financières standardisées des grandes entreprises en fonctions du risque et de la valeur de l'investissement. Elle a 40 % de parts de marché dans le domaine de l'estimation de crédit au niveau mondial. Ses principaux concurrents sont Standard & Poor's (S&P), Fitch Ratings et Dagong.

    Moody's a été fondée en 1909 par John Moody.

     

    C'est Moody's qui introduisit les symboles de son échelle de notation, les fameux « triple A to C ».

    La notation est une appréciation de Moody’s sur la volonté et la capacité d’un émetteur à assurer le paiement ponctuel des engagements d’un titre de créance, tel qu’une obligation, tout au long de la durée de vie de celui-ci.

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 20:45
    jill bill

    Bonsoir Lenaïg... Tyrannie, tyran, terreur... Un despote qui impose ses lois de la manière forte... L'opinion que j'en ai... Pauvres peuples de ces pays, mais aussi pauvres femme et enfant dont l'époux et père est ainsi en famille !  Et tel père tel fils.... parfois ! Si le geste tue directement, la parole fait autant de dégât indirectement, suicide comme tu écris !  Un tyran sait ce qu'il fait, oui ce n'est pas un débile, c'est un mauvais diable manipulateur de masse ou non !  J'aime l'expression j'ai donné mon opinion mais on s'en fout si pas dans la majorité pensante !!  Ah quel vaste débat Lena... bon courage !  Bisous  

    2
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 21:09
    Monelle

    Voilà un café-philo qui va engendrer bien des discussions !

    J'ai lu ton exposé avec beaucoup d'attention et je rejoins ta réflexion : un tyran n'a de cesse de regner mais il lui faut aussi dominer, presque être le maître "avant" Dieu auquel je doute fort qu'il y croit ! Jill a raison, certains hommes reproduisent ce sentiment en famille, des enfans (parfois très jeunes) dans les écoles ! Mais le plus malheureux c'est que nous n'y pouvons pas grand chose, voire même rien !

    Je te souihaite une bonne soirée pour demain ! gros bisous pour ce soir !

                 

    3
    Vendredi 20 Janvier 2012 à 10:57
    Jeanne Fadosi

    il y a des sujets plus importants que d'autres et celui-ci est hélas bien d'actualité et pas seulement au-delà de nos frontières. Je t'ai lu avec attention. J'y reviendrai à l'occasion car à mon avis tu abordes bien la question. Les tyrans ne durent que par d'autres moyens que la terreur et en particulier l'adhésion. La période actuelle, sur fond de crise, ressemble à bien des égards aux années 1925-30 même si les méthodes changent. Il y a des sirènes bien plus séductrices.

    Cet été j'ai profité de la réédition par le Monde de livres tels Psychologie des foules de Gustave Le Bon qui décortique bien la mécanique de cette tyrannie insidieuse.

    Et comme tu as débuté en évoquant La Marseillaise, j'ai aussi lu cette page qui m'en a beaucoup appris sur cet hymne national

    http://www.bernard-bouchet.com/page2.htm (c'est un peu long mais ça vaut le coup à mon avis d'aller jusqu'au bout)

    belle journée

    4
    Samedi 21 Janvier 2012 à 01:44
    Hauteclaire

    Bonsoir Lénaïg,

    une réflexion que j'ai lu très attentivement.
    Je suis d'accord avec toi sur le point des tyrannies qui tuent et torturent, dont nous avons malheureusement trop d"exemples de par la planète. Ces tyrannies sont vieilles comme le monde, et semblent trop bien ancrées dans notre "mode de fonctionnement" pour être extirpées.
    Cela dit, il me semble que la question même est assez ambiguë. En ce sens que l'opinion qui tyrannise est d'une nature tellement diffuse (la rumeur) et exerçant une pression tellement forte, au niveau de la personne, comme au niveau des peuples, qu'elle me parait presque plus dangereuse, car on ne peut la désigner. Ses méfaits n'en sont que plus dévastateurs.
    Au niveau des états peut-être serait-il plus juste de parler de despotisme ? et clairement de dictatures.
    Du coup je suis allée voir sur wiki, pour confirmer ce dont il me semblait me souvenir, tyran, pour les grecs anciens, n'avait pas de connotation péjorative, du moins au début. Mais je m'éloigne du sujet.
    La manipulation des courants de pensées abouti bien à cette tyrannie,  qu'il s'agisse de guerre économique, ou de mécanisme "bien pensant" sur la façon d'agir, de se vêtir, ou de vivre. On pourrait même dire que nous sommes entourés de tyrannies, plus ou moins grandes.
    Une dernière réflexion, Hitler a pu imposer ses idées, car outre un charisme personnel certain, les populations allemandes étaient poussées à un désespoir réel du fait de la situation économique du pays. Ne pourrait-on dire que cette tyrannie de l'opinion s'exerce principalement sur la personne, ou les personnes qui sont prêtes à entendre ?
    Bon courage pour ce café philo,

    et des bisous

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