• LA SENTINELLE - 1/2 - RAHAR (Science-fiction)

    LA SENTINELLE - RAHAR (Science-fiction)

     

     

     

    Photo : Yoann Lombard
    http://www.notre-planete.info/photos/photo.php?id=4956&gal=1

    C’était une planète déserte, du type martien, sauf que le taux d’oxygène était plus élevé. Le vaisseau d’exploration effectua quelques tours en orbite pour récolter les données nécessaires à un éventuel atterrissage. Les six savants qui étaient chargés de l’étude de la planète, étaient agglutinés aux hublots. Les douze soldats d’élite de la Fédération terrienne étaient sagement assis dans l’antichambre du sas ; ils étaient chargés de la protection de l’expédition. On ne savait jamais à quels dangers on pouvait avoir à faire face sur une planète inconnue.

     

    Le vaisseau atterrit au pied d’une falaise montrant des strates multicolores. Le commandant allait transmettre un message de compte-rendu, quand l’émetteur tomba en panne. C’était inconcevable, car une panne était hautement improbable, compte tenu de la technologie du moment. Les savants s’étaient déjà éparpillés, accompagnés de leurs gardes : deux troufions pour un cerveau à pattes.

     

    La planète, encore sans nom, était quasiment aride, ne présentant que quelques zones de végétation rachitique et de rares mares boueuses. Les scientifiques allaient déterminer si on pouvait trouver quelque intérêt minier ou autre. Une biologiste avait été chargée de recenser les formes de vie ; un archéologue devait chercher quelque indice d’une éventuelle civilisation antérieure… Le site avait été choisi d’après les données obtenues en orbite : il y avait une forte probabilité de la présence d’un gisement de métal précieux.

     

    Peu après l’atterrissage de la nef, une sorte de grosse libellule était venue survoler l’appareil. Elle ne se posait pas, mais virevoltait autour, faisant du sur-place au-dessus de chaque humain qui sortait du vaisseau, puis elle s’installa sur le dôme de la soucoupe, inaccessible.

     

    Le commandant, une walkyrie plutôt séduisante malgré sa forte stature, houspillait le navigateur pour réparer au plus vite le transmetteur. Le pauvre lieutenant en perdait ses moyens. Il avait beau vérifier chaque module, il ne trouvait pas la panne. Finalement, il constata que le transmetteur fonctionnait bel et bien, mais le détecteur d’ondes indiquait qu’inexplicablement, le signal s’évanouissait à une dizaine de mètres du vaisseau, quelle que fut la puissance injectée. Il rapporta sa conclusion au commandant : quelque chose de la planète, peut-être un champ électromagnétique anormal, stoppait les transmissions hyperspatiales. Le commandant estima donc qu’il fallait retourner sur la base la plus proche, le plus tôt possible. Les savants devaient trouver une solution à ce phénomène insolite, avant toute autre nouvelle expédition. Toutefois, en l’absence de danger évident et immédiat, les six scientifiques pouvaient poursuivre leur mission.

     

     

    Le premier incident survint, quand la biologiste s’aventura derrière une butte couverte par des buissons bruns ; elle cherchait des insectes du genre fourmi ou termite. Ses deux gardes traînaient nonchalamment à dix pas derrière. Soudain, ils perçurent un faible bourdonnement. Puis un essaim d’une sorte de frelon géant attaqua les deux hommes. Impuissante et médusée, la biologiste ne put que constater un phénomène extraordinaire : les insectes s’enfonçaient en kamikaze dans les soldats, se jouant des gilets pare-balle, et explosaient. Horrifiée, miraculeusement indemne, elle s’enfuit en hurlant, autant que faire se pouvait dans cette atmosphère raréfiée.

     

    Le second incident survint presqu’en même temps. Des sortes d’insectes ailés s’abattirent sur les gardes, épargnant inexplicablement les savants. Malgré les moulinets avec leur arme, quelques bêtes avaient pu passer et exploser dans le corps des soldats ; le seul rescapé avait détalé vers le vaisseau, ayant malencontreusement laissé tomber son arme. Les survivants — les savants — regagnèrent à toutes jambes la sécurité de la soucoupe.

     

    Sous l’emprise de la terreur, les humains discutaient avec animation. Les uns étaient partisans du décollage immédiat ; malheureusement, le navigateur lâcha comme une bombe que les moteurs étaient défaillants, peut-être à cause du même phénomène qui bridait l’émetteur. Les autres, dont le soldat rescapé, voulaient récupérer le corps des morts. Toutefois, cette opération se révélait périlleuse : les navettes biplaces de sauvetage étaient bien étanches, mais n’étaient utilisables que dans l’espace, et le véhicule tout terrain ne l’était pas, étanche, ni blindé. Il ne fallait pas oublier que les insectes avaient pu percer les gilets pare-balle. En outre, il fallait, si possible, capturer une de ces bêtes pour trouver une parade à leur attaque, insecticide ou autres. La biologiste, qui était aussi ingénieur, se proposait d’examiner au moins un cadavre pour essayer de percer le secret des insectes et le mécanisme de leur explosion. On verrait plus tard comment quitter cette satanée planète.

     

    Via les caméras, et par les hublots, les humains observaient les alentours. Tout paraissait tranquille, c’était comme s’il ne s’était rien passé, sauf qu’on pouvait voir le corps des gardes morts. Les seules créatures vivantes étaient des espèces de scarabées cheminant laborieusement, et une sorte de libellule qui voletait de-ci, de-là.

     

    Ce fut le commandant qui mit le doigt sur l’anomalie. Pourquoi les insectes n’avaient-ils attaqué que les gardes ? Pourquoi le soldat Ryan n’avait-il pas été poursuivi ? Le géologue avança timidement que le gus courait vite. Mais ce fut la minéralogiste qui eut la réponse exacte : le soldat avait laissé tomber son arme. Car, le commandant le souligna, les insectes n’attaquaient que ceux qui étaient armés, aussi incroyable que cela parût. La biologiste enfonça le clou : dans aucune espèce de créature vivante, il n’y avait jamais eu de suicide délibéré, l’instinct de conservation était tout-puissant ; elle avança donc l’hypothèse d’une attaque sciemment dirigée, avec une intelligence derrière. Elle insista alors sur l’importance de la récupération au moins d’un corps, pour étayer sa théorie, que ces « insectes » étaient, soit dressés, soit — ce qui serait diabolique — artificiels. Car pour autant qu’elle sût, il n’existait pas de créature naturelle capable d’exploser.

     

    La délicate mission fut évidemment échue au soldat Ryan — dame ! il était payé pour ça — il devait ramener rapidement le corps le plus proche. Le commandant le rassura en affirmant que, puisqu’il ne porterait pas d’arme, il n’aurait rien à craindre… en principe. Le garde, qui n’en menait tout de même pas large, sortit donc et partit d’un pas rapide, s’efforçant de ne pas courir malgré ses tripes nouées.

     

    À mi-chemin, il vit une ombre et leva la tête. Une sorte de ptérodactyle fonçait sur lui, tombant de la falaise. Il rebroussa chemin et prenant ses jambes à son cou, mais l’affreuse créature le rattrapa et l’emporta, sous les yeux médusés de ceux qui étaient restés dans le vaisseau. Après le brouhaha de confusion, ils s’exclamèrent presque en même temps : « Il faut sauver le soldat Ryan ! »… Oui, mais comment ?

    A suivre

    RAHAR


  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Juin 2014 à 15:48

    Salut Rahar ! Ouaiaiais, un mélange de suspense, d'horreur, de dépaysement et l'humour à la clé, c'est parfait ! Attention, pour ceux qui liront : la libellule qui paraît en photo n'est pas la sentinelle du titre !

    oh  eek  kiss  clown

    2
    Di
    Samedi 7 Juin 2014 à 15:51

    Il n'a pas d'arme, alors quel sera son sort. À demain pour la suite ...

    3
    Samedi 7 Juin 2014 à 16:05

    Coucou Di ! Hé hé, tu mets le doigt sur quelque chose d'important : non, il n'a pas d'armes ! Bizzz !

    4
    Samedi 7 Juin 2014 à 17:22

    Bonjour Rahar, il faut sauver le soldat Ryan version planète inconnue... bien qu'il y a été sans arme.... il fut bel et bien emporté, ouf pas tué.... donc à suivre, merci à vous.... jill

    5
    Samedi 7 Juin 2014 à 19:08
    josette

    la biologiste veut étudier les insectes kamikazes, les insectes (ou autres) veulent étudier les intrus qui gagnera le match ?  

    6
    Samedi 7 Juin 2014 à 23:52

    Coucou, Jill et Josette, il faut donc sauver ce nouveau soldat Ryan et ... quelqu'un d'autre encore ... Tu ne crois pas si bien dire, Josette, quand tu mets : "les insectes ou autres ! Bon, la suite et fin dans pas longtemps ! La bonne nuit à vous, bisous !

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