• Héé oui ... - Lenaïg

      Philippe Noiret - www.encinematheque.net

     

     

    Je rebondis, ce jour, sur un gentil commentaire de Jill Bill à la suite de mon petit essai sur le prénom Placide, pour sa Cour de récré ... Rebondir est un bien grand mot, qui me rend d'ailleurs moqueuse à mon sujet !

     

    Pourquoi ? Parce que Jill Bill est irremplaçable, sur OB ! Elle parvient à être partout à la fois, participe activement à moult communautés, organise des jeux et des récompenses à la clé. Et qu'elle est fidèle à ses amis de plume : elle s'enquiert toujours de ce que nous avons écrit sur notre blog, par exemple, elle lit et pose des commentaires intéressants, pertinents ou malicieux ! Hélas non, Jill, si tu tombais malade (ce que je ne souhaite pas du tout), je ne pourrais pas et ne saurais pas faire tout ce que tu fais, je fatigue, je m'essouffle très rapidement ... Il y a encore deux ou trois ans, cela aurait été possible, j'adorais lancer des jeux et mener la danse !

     

    Notre blog a été accepté dans quatre communautés : celle des Croqueurs, celle de la Cour de récré, celle de l'Arbre à mots, de ff, et le Coucou du haïku chez Mamylilou, passionnantes toutes les quatre. Je demande pardon à ff de ne pas arriver à être plus présente dans ce bel Arbre à mots ...

     

    Alors, je vais nous poster ici un email d'Anaëlle, mon amie presque de mon âge (plus jeune d'un an !), qui écrit très bien elle aussi et qui ne le fait plus, par manque de temps (elle travaille en ce moment à plein temps) et par lassitude ("je n'ai rien d'intéressant à écrire", ce qui est faux, je le sais !).

     

    Voici l'email qu'elle a reçu et qu'elle m'a transmis. C'est bien vrai que, même si les rhumatismes ou l'arthrose, les coups de lumbago me laissent tranquille depuis un bon bout de temps (je touche du bois), il suffit que j'aie deux expéditions extérieures importantes dans ma journée, de la marche et des montées et dégringolades de marches de métro parfois pour finir le soir épuisée ; je m'effondre dans mon fauteuil et je tombe presque aussitôt dans le sommeil ... Impossible, par exemple, de venir devant l'écran lire les amis comme je le voudrais ...

     

    Oups, oh comme les propos de Philippe Noiret apparaissent bien gros, une fois placés ici ! Eh bien, cela facilitera la lecture de ceux qui ont une mauvaise vue (dont je suis, mais depuis longtemps !). Et la p'tite photo du comédien en chapeau qui l'accompagnait n'a pas suivi ... Je vais en chercher une autre, ou la même, sur le net ! Ah, en voici une où il soulève même le chapeau en question, pour saluer, en gentleman qu'il a toujours été !

     

    Lenaïg

     

    ***

     

       

    La vieillesse vue par Philippe Noiret.

     Il me semble qu'ils fabriquent des escaliers plus durs qu'autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd'hui, je ne peux en prendre qu'une seule.>   > A noter aussi les petits caractères d'imprimerie qu'ils utilisent maintenant. Les journaux s'éloignent de plus en plus de moi quand je les lis: je dois loucher pour y parvenir. L'autre jour, il m'a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous.>   > Il est ridicule de suggérer qu'une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute voix - ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne les entends pas très bien.>   > Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté une colline que je n'avais jamais remarquée avant.>   > En outre, les trains partent plus tôt. J'ai perdu l'habitude de courir pour les attraper, étant donné qu'ils démarrent un peu plus tôt quand j'arrive.>   > Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes ont tendance à rétrécir, surtout à la taille.>   > Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre.>   > Le temps même change. Il fait froid l'hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais, si cela n'était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j'essaie de la déblayer. Les courants d'air sont plus forts.Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les fenêtres aujourd'hui.>   > Les gens sont plus jeunes qu'ils n'étaient quand j'avais leur âge.Je suis allé récemment à une réunion d'anciens de mon université, et j'ai été choqué de voir quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu'ils ont l'air plus poli que nous ne l'étions ; plusieurs d'entre eux m'ont appelé « monsieur » ; il y en a un qui s'est offert à m'aider pour traverser la rue.>  >Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends bien compte que ma génération approche de ce que l'on est convenu d'appeler un certain âge, mais est-ce une raison pour que mes camarades de classe avancent en trébuchant dans un état de sénilité avancée. Au bar de l'université, ce soir-là, j'ai rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu'il ne m'a pas reconnu.

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 15 Juin 2011 à 11:23
    jill-bill.over-blog.

    Coucou Lenaïg...  Chère lena...  Parlons âge puisque tu insistes, lundi prochain une année en plus au tableau de bord, mon p'tit avion de tourisme vole encore sans trop de bobos... Parce que j'ai un co-pilote formidable, sieur JB... Là je suis huit jours chez mon fils cadet à Bruxelles, mon époux seul à la maison...après le bureau. Les chats pour tout accueil du soir... Il m'a fait ma p'tite valise, m'a laissé sa carte bancaire... Je visite ma capitale, ses expos et ses boutiques, il est pas beau mon p'tit mari !! Vieillir c'est sans souci tant que son âme soeur est à vos côtés, complice, aimante... Une pensée pour ceux et celles qui l'ont perdue !  Quant à Philippe... comme c'est bien dit avec humour, un grand monsieur du cinéma français...  Merci lena... je t'embrasse et surtout garde le cap sans te faire trop de mourron, prendre de la bouteille à son charme aussi...   Jill   

    2
    Mercredi 15 Juin 2011 à 11:54
    Libre  necessite

    J'aime cet humour et cette dérision pour accepter de vieillir simplement Bises dan

    3
    Mercredi 15 Juin 2011 à 16:16
    m'annette

    Je me souviens qu'au moment de son décès, Rochefort, qui est un des résistants de cette génération(!) racontait:

    -je suis allé le voir, il était très malade et se savait condamné, et moi j'étais triste.
    Alors il m'a dit:

    -ah! non! fais pas cette tête! c'est déjà assez chiant de mourir, sans qu'en plus les amis fassent la tronche!

    En tous cas, je me reconnais bien dans certains de ses propos!!

    bises

    4
    Mercredi 15 Juin 2011 à 18:22
    Marie-Louve

    :-))) On sort de ce récit tout rajeuni par l'esprit espiègle et son regard moqueur sur le temps et ses apparences. Bisous Léna et merci pour ce texte qui donne à rire !

    5
    Mercredi 15 Juin 2011 à 20:59
    fransua

    coucou Lenaig oui c'est bien les blogs mais un jour la vraie vie nous laisse moins de temps moi aussi je vais reprendre le chemin du taf alors moins de temps cela sera certain car je veux continuer avant tout la peinture

    bisous j'ai encore toutes les vacs

    6
    Jeudi 16 Juin 2011 à 22:36
    Tricôtine

    hihi.... oh que oui !! JB est rebondissante , si cela peut vous rassurer, je trouve que Philippe Noiret a bien raison pourtant je crois bien avoir quelques années de moins que les personnes citées ici... il n'y a que pour la neige ou je ne suis pas capable de soutenir la comparaison !!! je traine en chemin à rebrousse blog un plaisir de se sentir en communion avec le copinettes  rebizzzoux là Léna !!

    7
    Mona de plumes au v
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 08:43
    Mona  de plumes au v

    C'est vrai qu'il est drôle ce texte!  Mais je crois que le mental joue un très grand rôle dans la lassitude du corps. Ma mère faisait encore de l'humour alors qu'elle agonisait, tout comme son père autrefois.(sa mère est morte subitement d'une crise cardiaque)  Dans le quartier où vit JC les gens de 75 ans restent très actifs et plusieurs nagent et font du vélo régulièrement. Ils montent les marches sans peine. C'est après je crois qu'il faut apprendre à lâcher prise en douceur.Mais le texte de Philippe Noiret est un chef d'oeuvre, vraiment!

    8
    Denis
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 08:43
    Denis

    J'adore Noiret, sa personnalité comme l'ensemble de ses films très éclectiques... son humour très français, je pense. Mais je suis loin d'être aussi fataliste que lui face à la mort! heureux homme!

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