• Le cheval et la mule.

     

     

    cheval-blanc-1Mélusine et sa jumelle (dont on taisait le nom) étaient fées ou sorcières, c'était selon ... Mélusine exhauçait des bons voeux de sa baguette magique, sa jumelle jetait plutôt des mauvais sorts. La première s'épanouissait dans la lumière et le ciel bleu, la seconde ourdissait des complots dans le noir.

     

    Pour se rendre à la fête donnée par le grand Merlin, en plein coeur de la forêt de Brocéliande ce soir-là, Mélusine en robe de moire, sur son cheval blanc, ne résista pas à la coquetterie de descendre de sa monture pour se mirer dans l'étang. Sa jmare mule horseumelle, qui ne montait qu'une mule, en profita pour lui voler son cheval et faire une entrée remarquée à la soirée.

     

    Mélusine, sans se démonter, monta sur la mule et arriva tranquillement, bien plus tard, sur la mule ravie, qui n'en revenait pas d'être traitée avec soin et ménagée. Le rire en cascade de la gentille fée séduisit aussitôt toute l'assemblée et nul ne songea à se moquer d'elle. Tout le monde trouva l'idée de la mule charmante et la jumelle traitresse ne fut point à la noce, qui, la fête finie, reprit sa mule et s'enfuit sans dire un mot.

      

    Lenaïg

     

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    Noël de bonne fortune.

     

     

    Bigoudis - charlie bigoudis H171920 L - www.imworld.aufeminin.comAprès avoir secoué Mélusine et sorcière, des mots sont tombés : 13

    Rose, lune, Molière, sucre, cime, usine, cri, merci, mère, résine, ciel, élus, louée.

    Il était une fois, une famille pas comme les autres. Chez les Mèdulien, la vie en rose et le temps des fleurs n’existaient pas. Un père écrasé par la bonne cause de sa vie sur un sofa se cloîtrait dans sa lune et une mère créative à la manière des Molière savait faire de rien des merveilles. Jonas, leur aîné perdait ses mitaines partout, mais maman Mèdulien sans panique, avec des chaussons de toutes les couleurs les lui remplaçait sans façon. Flanelle, la plus jeune se voyait déjà princesse au petit poids dans les bras d’un gros richard avec du sucre plein les poches.

     

    Le froid de l’hiver avait recouvert de blanc, les verts sapins de la vallée quand soudain, Noël clochait dehors. Mère aux abois beugla à son ripoux : « Mari, il nous faut vite le bel arbre comme on voit chez la voisine qui bat de l’aile depuis que son chien est mort. »

     

    Mari mit sa tuque et ses bottes de feutre trouées quand la noirceur fut venue. Chez son voisin, trancha d’un coup sec le tronc de la jeune épinette traitée aux petits oignons tout l’été durant. Il refit le chemin inverse, l’arbre magique sur l’épaule, grimpa à l’escalier qui menait à la porte et vivement, secoua l’épinette de ses 400 F 2523356 fTaBZxhwgvo30Tr6qwpZxCaKhwBZxDsaletés avant de l’introduire au salon. Mère contempla sa joie, émerveillée devant si bel ornement dénudé de tout sens. Pas comme chez la voisine. D’envie, sans en avoir les moyens, elle courut dans ses fourre-tout, et rassembla ses plus belles misères à accrocher aux bras et à la cime de ce précieux accessoire qui fait la tête de la fête.

     

    Sur la table, sortis de l’usine, la couenne et l’os du gigot gisaient comme des trophées du jour. D’une main vaillante, elle repoussa le festin à l’agonie puis étala ses trouvailles. Trois bigoudis chaussés de visses à large tête feront l’affaire des moutons précieux à la crèche. De son jeu de cartes, elle découpa trois rois, laissant le pique sur le carreau. Enthousiasmée par l’esprit du jeu décoratif, Flanelle courut dans la baignoire qui lui servait de lit. Elle revint avec le cri de ses quatre catins épouvantées et  décréta qu’elles seront toutes les Marie. Mère ne fit pas chichi et dit merci. Une de plus, une de moins,  chez les Mèdulien, tout était possible.  

    Jonas observait du haut d’un perchoir, attendant impatiemment qu’on lui présente un ange pour la chance qui ne tombait pas du ciel. Foudroyé par le génie, vif comme l’éclair, il déboula jusqu’au sol pour revenir avec son Rambo en résine de plastique non soluble dans l’alcool. Solennellement, Rambo fut désigné au poste de Saint-Joseph. Dans une boîte éventrée de Capitaine Crunch, on embarqua tout  ce petit monde au pied dBigoudis - www.media02-ak-vivastreet.comu conifère. Flanelle pleurnicha. Y’a pas de bébé ! Mère la rassura. Les bébés arrivent à minuit, jamais avant. Maintenant c’est avent. Perplexe, Flanelle ouvrit  les yeux en accents circonflexes. «Ne pose pas de questions idiotes, tu es trop jeune,  lança mère avec des mots mystères. Va plutôt décrocher les pompons qui entourent des rideaux dans la chambre des élus louée par mère-grand. Ne la réveille pas. Elle est au coton. Prends les ciseaux dentelés, ils seront plus jolis.»    

    «Mari ! Ouvre mon panier à tricot. Cherche mes pelotes de laine arc-en-ciel et mes écheveaux de couleurs vives. Fouille au fond, tu les trouveras. Fais des guirlandes ou des chevaux d’ange, peu importe. Quand on aime, la bonne étoile dort avec nous. Toi Jonas, à la cave descends et rapporte-moi le coffre à pêche de ton père.  Hameçons et  pompons feront la paire aux branches. » 

    De retour, Jonas escalada à nouveau le dos du sofa.  Exaspéré, il s’égosilla : « J’N’ AI PAS D’ANGE POUR LA CHANCE ! » Mère virevolta et lui tendit la cuillère à bois emballée dans son voile de mariée, sa précieuse relique conservée dans une boule à mythes.  L’épinette ainsi parée, les Mèdulien réjouis par leur travail, contemplèrent mère qui planta un clou à  la croix. Celle-ci  retiendra évidés, leurs bas de laine délavés. La famille se signa. Amen. Dans le plein espéré d’attentes, on sait faire la fête avec des poches sous les yeux le soir du réveillon. Elle se re-signa en blanc et  appliqua le couvre-feu sur les bougies avant d’aller dormir.

     

    Noël - Cloches en papier - www.teteamodeler.comCette nuit-là, dans la maison des Mèdulien, des esprits tapageurs  révoltés de s’être fait passer un sapin  se vengèrent. Le vase débordait, le coucou s’affolait, les aiguilles à terre, l’heure courait devant le temps et mère-grand plus de dents, dans son lit secoué par les coins ronds, s’écroula sous les  flots de la bière de la jeune épinette trucidée. En sueurs et en pleurs, Flanelle se réveilla. Frère Jacques sonnait les matines. Les parents Mèdulien somnolaient au-dessus de l’esprit du temps perdu sans toucher travail ni salaire à manger pour des impies qui ne valent pas un clou. Baba Black Sheep comptait ses sauts par-dessus les piquets du mur debout autour de la maison endormie sur un banc de neige. Le jour fêlé sur un soleil de glace patinait sur l’impatience de se lever en cherchant son étoile pas l’air de vouloir revenir à sa place. Un froid de  canard en fuite sifflait, battait de l’aile contre les jalousies de la demeure en ruine. Le petit dernier pas encore né cherchait une place où il pourrait tomber du ciel en cachette.

     Mine au tort, il est tard, la dinde gèle dehors. Juchée sur des dalles coulantes, elle glisse sur le dos des chemins croulant sous des pièges de niques à poux troués par des pas de soir dans la neige profonde. Las, des chas trop gros par où passent des bosses remplies de nos pièces d’argent qu’on siphonne sous le manteau par des trompes d’éléphants. Ici, des élus placardés sur des lampadaires font  tout sauter  comme des racoleuses de rue. Les yeux fermés, on glisse notre déluge dans la fente des banqueroutes. Croûte que croûte. Chimères et cantiques enchantent cette nuit magique qui voile les limbes dans son lit.      

    Au matin, Flanelle  à genoux cherchait le bébé pas arrivé dans la boîte de Capitaine Crunch. Pas de joujoux, pas de bébé ?  Sirène dans le tapis : « Y’A PAS DE BÉBÉ ! »  Mère encore dans les vapeurs et sans peurs, jeta un œil absent sur le forfait. «Voyons Flanelle ! Le bébé, peut-être que quelqu’un l’a vendu ailleurs ou qu’il ne voulait pas venir ici se faire voler ? Ce n’est pas grave !  Ne pleure pas si fort mon poussin, tu vas réveiller les morts. C’est Noël, pas le réveillon !»       

    Marie-Louve

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    pluto - www.elisashop.fr 

     

    Les frasques de Gaspard et le cocotier bavard 

     

     

    De :

    Charlotte (Des3maison@hotmail.fr)

    Envoyé :

     2010-12-01  //// 8 :07

    À :

    Lumina40@hotmail.com

     

     

     

    Coucou Lulu,

     

    Vite réponds-moi ! Je ne sais plus où donner de la tête.

    J’ai besoin de toi, c’est urgent. Mon Tugdual et les agents de la SKUTE passent notre appartement au peigne fin depuis que Gaspard avide de gourmandises, a déchiqueté mon arbre de Noël. Mon beau cocotier-cadeau-de-Lolita que j’avais décoré de mille et une friandises choisies chez Languedoc est en lambeaux.  Je suis en état de choc.

    Le chenapan a profité de notre absence pour s’empiffrer de dragées et de pain d’épices. J’imagine que surexcité par tant de sucreries, ce gros malin ayant de l’énergie en trop, s’est amusé à éventrer le tronc de mon cocotier décoratif et a découvert le pot aux roses du malicieux Luigi Paper.  

     

    Pour l’instant, personne ne doit savoir ce qui m’arrive. Je cours un grand danger encore une fois. Lulu, dans mon cocotier, Gaspard a trouvé des trésors louches, des pierres précieuses à la centaine, des liasses de billets valant une roue de fortune et un carnet noir rempli de secrets. Mon Tugdual et Fred, le nouveau chef de la SKUTE, ont confisqué tout ce précieux butin en disant que c’était la pêche et non un sapin ce cocotier.

     

    Lulu, je n’ai plus d’arbre de Noël !  

     

    Pire, je dois m’éloigner de la maison dangereuse et Tonton Wilfrid m’envoie au Japon avec les grands créateurs de la mode Santapatatienne. Tout ça, pendant que mon patron, le gentil monsieur Paolo Tequila est encore hospitalisé. Heureusement, sa bonne psychiatre veille sur lui constamment.  Cette gentille dame, la docteure Toctoc connaît mon patron sur le bout de ses doigts. Elle est la seule à savoir le calmer de ses peurs imprévisibles. Elle m’a promis son aide et saura me remplacer au bureau afin de soutenir son cher patient. Je la soupçonne d’être amoureuse de Monsieur Paolo, mais lui, je crois qu’il a peur des femmes fortes.

     

    Comme si toutes ces tuiles n’étaient suffisantes, ma mère vient de me faire une scène d’enfer quand elle a appris que sa bonne amie, dame Valence Cienne avait reçu une invitation à dîner chez les chics Steve et Zizi et pas elle. Juliette me réclame à hauts cris de l’introduire à la table des invités en faisant du chantage auprès d’eux. « JAMAIS !» que je lui ai répondu.  Elle est furieuse contre moi.

     

    Au secours Lulu !

    Ton amie depuis toujours,

    Charlotte

     

     

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    De :

    Lumina40@hotmail.com  

    Envoyé :

    2010-12 -01   08 : 27

    À :

     Charlotte (Des3maison@hotmail.fr

     

     

    Je suis là Charlotte ! Par chance, j’ai congé aujourd’hui. Prends ta tuque, tes mitaines et rejoins-moi de suite au bistro de Nounours Farceurs. Nous discuterons calmement. Ne panique surtout pas, qui sait, dans ton état pas certain encore, tu risquerais de perdre peut-être un bébé.

    Pour ne pas alerter ton cher Simon-Templar-Tugdual et lui mettre la puce à l’oreille de nos secrets, je te téléphone sur le champ, mine de rien, pour t’inviter au brunch du matin des Nounours.

    Bisous et courage ma belle Charlotte.

    PS : N’oublie pas d’effacer nos deux emails. Dans ton énervement, tu risques de trahir la loi du secret de la SKUTE.

    Je serai une tombe sur ce coup.

    …………

    Marie-Louve

     

     

    Références des illustrations : voir album Bouts de choux.


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  • joli mais - Sélection de Mona

     

    De : Georgett007@coolmail.fr

    Georgette (épouse de l’oncle Wilfrid)

    Envoyé :  le 30. 11 . 2010

    A : Juliette Des3maisons@fallballmail.fr

    Sœur insupportable de l’insupportable Wilfrid

     

    Tahiti le 29 novembre

     

    Bonjour Juliette

     

    Ta fille est grande maintenant, laisse la vivre ! Elle fait ses choix comme j’ai fait les miens et si elle se trompe, elle en assumera les conséquences en adulte, non ?

    Votre mère n’est pas morte à cause de lui : il l’aimait mais si elle a absolument voulu manger ces champignons sous prétexte que le pharmacien n’y connaissait rien de rien et qu’elle les connaissait mieux que lui on ne pouvait pas attendre qu’elle survive, non ? Wilfrid a essayé de l’empêcher d’y goûter en  la  tirant  en arrière de toutes ses forces  mais il était encore trop jeune, elle pesait bien 250 kilos et l’a presque assommé avec la poêle à frire. Elle a même exigé de  les lui faire avaler sans succès en essayant de le culpabiliser : « Tu n’as pas confiance en ta propre mère, ingrat ! » Il a serré les mâchoires et lui a répondu NON en la fixant droit dans les yeux. Alors folle de rage,  rien que pour prouver qu’elle avait TOUJOURS raison, elle a tout avalé devant lui : morte en quelques minutes, DEBOUT, enfin pendant les minutes  où elle agonisait. Et toi tu étais en train de te confesser au joli prêtre remplaçant,  Francis ; tu le faisais tous  les soirs sans réussir à lui plaire, enfin c’est ce que m’a raconté Wilfrid et je n’ai aucune raison de ne pas le croire ; il est franc avec moi, au moins en général.

    Je regrette que Wilfrid ait refusé de te prêter notre appartement, mais c’est dans sa logique ; tu sais bien pourquoi ! Il m’a avoué qu’il allait payer une partie du voyage au Japon des deux « rigolos » à condition qu’ils emmènent Charlotte pour lui changer les idées. Il ne fait jamais rien pour rien mais l’idée est bonne, non ?

    Sadica, notre caméléon,  se porte comme un charme. C’est Wilfrid qui le nourrit parce que, bon, les insectes je n’aime pas vraiment, mais je lui parle avec tendresse  et il rosit de plaisir en se rapprochant de moi…  Les rubans roses et jaunes lui vont à ravir mais Wilfrid les lui enlève quand il sort le promener en laisse, ravi d’attirer l’attention sur la plage. Je sursaute toujours un peu quand il sort brusquement sa langue interminable mais crois tu qu’il dévore les araignées en plus des mouches et des moustiques ? Ce serait un grand soulagement pour moi. Wilfrid rigole quand je lui pose la question.

    Nous nous entendons à merveille de nouveau et…. Je crois être enceinte de jumeaux. Wilfrid en est si heureux qu’il me cède tout et m’embrasse sans arrêt. Le bonheur !

    J’espère qu’il va se réconcilier avec Tugdual et toi ! Il l’a traité de faible, la pire injure pour lui parce qu’elle est à l’origine de tous les problèmes (d’après Wilfrid) et Tugdual n’a pas apprécié, forcément.

    Nous rentrons à l’appartement la semaine prochaine.

    Wilfrid a répondu qu’il acceptait ton baiser mais je préfère ne pas répéter la suite de la phrase.

    Bises

    Georgette

    ***

    Mona

     

    Illustrations :

    • Champignon, choix de Mona : "joli, mais ..."
    • Caméléon jeune, choix de Mona. 

     

    caméléon jeune - Sélection de Mona 

     


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  • noir-smiley-diablotin-debardeurs design

     

     

    Il est une fois ... un sapin de Noël. On change la tradition dans cette histoire et on raconte tout au présent ; on ne lira pas "il était une fois", ce n'est pas une erreur ! Voici donc le début d'un conte de saison pour petits et grands, que chacun lira selon son prisme personnel : des pincées de fantaisie, des soupçons de surnaturel, plusieurs doses de rêve d'enfance, de joyeuses éclaboussures de couleurs : des rouges et des verts comme il se doit dans la période festive concernée, mais aussi une tache de jaune sulfureux, dégageant l'odeur désagréable appropriée, vivement chassée avant la fin, comme il est à espérer, par un bleu azur et sans nuages et -qui sait ?- par le parfum d'un souffle d'air divin.

     

    Quelques vapeurs de soufre égarées, ou échappées des profondeurs, des entrailles de la terre, ou quelques flammèches de l'enfer, un peu de lave incandescente viendront-elles agrémenter ce conte ? Oh, à peine ! Et pourquoi d'ailleurs accuser le centre de notre vieille terre de tous les maux ? La lave en fusion vient de son noyau, très profond en dessous de nos pieds et, sans ce noyau, elle n'existerait pas, et nous non plus ! Que les enfants n'aient pas peur, ou, alors, qu'ils fassent semblant ! Il y a de grandes chances que les forces du bien gardent la situation en main.

     

    En cette fin novembre 2010, où Harry Potter se rappelle à notre bon souvenir par un nouveau film, il est de bon ton, pour faire bonne mesure, d'ajouter du brou de noix dans notre chaudron : du noir ! Tous les sorciers qui ne se prennent pas au sérieux ni pour des dieux, font cela, non ? Ceux que nous connaissons le font. Un certain sorcier de mon enfance ne manquait pas de l'utiliser lorsque nous jouions mais il avait contre lui deux cousines Boudig et une soeur, facétieuses fées qui lui mettaient tout le temps des bâtons dans les roues avant de prendre la poudre d'escampette quand il se mettait en colère ...

    Angelot musicien - www.festifoly.info 

    Notre sapin de Perlinpinpin, comme la poudre magique du même nom (d'ailleurs, c'est décidé, ce sera le sien, de nom, au sapin), vient de faire son entrée dans son pot, chez nos héros. Papa est passé le chercher à la jardinerie. Perlinpinpin fait connaissance de sa nouvelle famille : les enfants Eléonore et Quentin, puis Maman ! Un cinquième larron est présent mais, pour les besoins de l'histoire, nous le découvrirons plus tard. Le sapin en pot, donc un vrai sentant bon la résine, attend avec impatience qu'on rehausse son bel habit vert naturel d'ornements du plus bel effet, de décorations à rendre fous de dépit tous les généraux du monde. Il sait déjà, notre sapin, que, si les humains l'ont laissé dans son pot, c'est pour le planter après, dans le jardin et qu'il y devienne grand ! Nos héros sont écolos.

     

    A Maman l'honneur de commencer : ça y est, l'étoile dorée est en place à son sommet ; une histoire d'Etoile du berger, paraît-il ; c'est le rôle joué par la planète Vénus, dont les feux brillent d'un éclat particulier avant, pendant et après les fêtes, tel un astre bienveillant, tel un guide montrant le bon chemin. Les rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar en savent quelque chose mais on attendra début janvier pour parler d'eux, au moment de la galette ! Au moins, nous  nous sommes souvenus des trois noms, nous n'aurons pas à nous creuser la tête à l'heure de la fève.

     

    Pas de petites lampes électriques pour Perlinpinpin, un peu déçu et jaloux de la rampe de l'escalier qui en a hérité, mais qui se console car Papa a dit non pour sa santé. Grâce à Eléonore et Quentin, maintenant le sapin Perlinpinpin devient ... comment dire ? la planète abritant un monde en miniature. Eléonore accroche ici puis là les sujets qu'elle a choisis : des petits oursons mignons, des angelots musiciens, des petites répliques des fillettes et garçonnets de livres et dessins animés, des petits singes et autres animaux favoris aussi célèbres que leurs maîtres auprès des enfants, debout, assis, courant, chaque position distinguant ces jumeaux, triplés et plus que cela, les uns des autres !

     

    Quentin, lui, est en train de suspendre des petits monstres hideux, des gnomes et lutins grimaçants qu'il affectionne d'autant plus qu'ils font peur à sa soeur ! Enfin, l'ensemble est réussi, on range l'escabeau sur lequel Eléonore et Quentin ont eu droit de monter pour accéder aux branches du sapin qu'ils voulaient. Les humains vont se coucher, le salon est déserté, les lampes sont éteintes, c'est la nuit, plus rien ne bouge. Même les sujets de décoration semblent tous endormis. Si on les voyait, on saurait qu'ils ont fermé les yeux, eux aussi.

     

    Soudain, on aperçoit la lumière tremblotante d'une bougie derrière le verre d'une lanterne ... dans le sapin ! On distingue une odeur de soufre, à peine perceptible pour un humain mais qui indispose fortement tous les angelots et autres sujets. Le lutin qui tient cette lanterne a-t-il craqué une allumette ? Oh mais, ce n'est pas un lutin, c'est un diablotin ! Il a ôté son bonnet de lutin, laissant libres ses oreilles droites et pointues, faisant pendre sa queue fourchue par-dessous sa houppelande ... Que tient-il dans son autre main ? Un trident ! Il enfonce son trident brusquement dans une boule toute neuve qui le gênait dans son ascension vers le sommet, creusant un vilain trou dans l'innocente boule, qui tombe à terre en se fracassant.

     

    "A moi l'Etoile du berger ! Je vais m'installer dessus, on ne verra que moi de là-haut, je jetterai des mauvais sorts à tout le monde ! A vous tous et même aux humains. Petit à petit, j'aurai le monde sous mon emprise et ... je ferai venir les copains !" Et ce faux lutin malin de grimper, grimper vers le sommet, faisant s'écarter les figurines épouvantées sur son passage. Une certaine poupée exploratrice, plus hardie que les autres, lance un lasso et le rate de peu, tandis qu'une de ses répliques de cousin, non moins téméraire, tente de lui ravir son trident mais, violemment repoussé d'un méchant coup de pied, tombe à son tour et se brise en plusieurs morceaux.

     

    Dora l'exploratrice à suspendre - www.images.king-jouet.comLa même mésaventure arrive à cinq ou six autres figurines et le lutin sulfureux s'apprête à s'installer à califourchon sur l'étoile quand le voilà qui se fige de terreur. Un feulement se fait entendre et deux lumières parallèles, deux yeux mystérieux comme en suspension, apparaissent entre deux barreaux de la cage de l'escalier plongée dans l'obscurité.

    Brrrrr, un fantôme ? Le diable en personne ? Le lutin diablotin pétrifié devine plus qu'il ne voit une énorme patte noire griffue qui jaillit et met fin à son ambition de puissance et de gloire : il se retrouve à terre à son tour, les deux bras cassés, un pied détaché !

     

    Il se met à pleurnicher de rage et à implorer : "Maître, c'est vous ? Qu'ai-je fait pour mériter votre courroux ?" Il pense tout de même à rentrer sous sa houppelande tant bien que mal son trident et sa queue fourchue (tant pis pour ses oreilles droites suspectes), que les humains ne sachent rien de ses noirs desseins ! Le calme revient tandis que l'aube point. Nouchette la justicière n'est plus masquée par la nuit. Elle flaire gentiment et patiemment toutes les figurines qui lui sont accessibles et celles qui sont à terre, comme pour les rassurer. Mais elle crache sur le vilain lutin, comme seul un chat sait le faire et disparaît, dans la chambre d'Eléonore, ou celle de Quentin, soucieuse de ne se faire accuser de rien, au matin. Le jour venu, tout le monde conclut que les sujets n'avaient pas été bien fixés et Papa les rassemble pour, dès qu'il le peut, les recoller.

     

    Papa est seul maintenant. Nouchette vient lui tenir compagnie, saute sur le bureau pour superviser ce qu'il fait. Tout à coup, alors qu'elle n'a jusque-là touché ni bousculé aucun des sujets recollés, elle éprouve un urgent besoin de faire un câlin, se met à frotter vigoureusement de la tête le bras de Papa en lui fourrant sa queue devant les yeux. Papa laisse échapper le vilain lutin dont il était justement en train de s'occuper. Le faux lutin est en mille miettes ! Papa, en râlant et grondant un peu Nouchette (qui n'en a que faire et ronronne aussi bruyamment qu'elle peut dans son cou), la dépose dehors et referme la porte. Il balaie les débris de l'odieux personnage, qui vont directement à la corbeille.

     

    Depuis, nulle odeur de soufre n'émane du sapin Perlinpinpin, qui sait tout mais ne dira rien. Notre sapin s'est remis de ses émotions, couve ses petits sujets comme la poule ses poussins et apprécie la compagnie parfois houleuse, toujours joyeuse d'Eléonore et Quentin, autant que celle de l'ange tout noir veillant sur la maisonnée, plus calme et plus discret, souvent roulé en boule près du radiateur, dont le pelage est doux à caresser, dont les yeux sont d'un beau jaune doré. Noël ? Quand le fameux soir arrivera, tout le monde sera prêt.    

     

    Lenaïg

     

     

    Pour la quinzaine sulfureuse de Nounedeb !

    http://nounedeb.over-blog.com/

     

    Oh, pauvre de moi, qui vient de comprendre que je n'ai pas traité le sujet que Noune voulait ... C'était : coup de balai, Mélusine et son sombre double sorcière ... Mais c'est que ce sombre double sorcière m'a jeté un sort. Si ma petite famille ici s'en sort bien, il n'en est pas de même pour moi, qui suis à ramasser à la petite cuillère !

    Mélusine a dû me jeter ce sort quand j'ai traversé Brocéliande en train hier pour rejoindre Paris. J'ai du coup occulté le défi imposé et n'ai retenu que le soufre et ... le chaudron !

    Et le double sombre de Mélusine m'a poursuivie ce matin car j'ai eu un mal de chien à poster cette histoire, qui tout d'un coup s'est complètement effacée alors que j'avais terminé ! J'ai donc dû recommencer et insister pour avoir aussi une mise en page correcte, tout en sachant que la disposition, nette pour moi de mon ordi, n'est pas forcément celle que les autres blogueurs perçoivent : il arrive que les illustrations, par exemple, sur d'autres ordis, ne restent pas là où je crois les avoir mises, etc ... Nounedeb en sait quelque chose !

          

     

     

     

     

     

     

     le-chat-noir - www.A31.idata.over-blog.com


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